20-02-2012
Nadine Filion

 

Tout repenser de A à Z a signifié, pour Mazda, revoir rien de moins que 100 ans de manières de faire, tant en motorisation qu’en transmission, en châssis qu’en carrosserie, en suspension qu’en direction. Les idées les plus folles ont été mises sur la table du SkyActiv, avec pour objectif d’optimiser chacun de ces éléments. Et tant pis si on virait carrément sens dessus dessous un siècle de traditions automobiles.

 

Faire mieux avec moins

C’est un fait : Mazda n’a pas les moyens financiers des grands comme Toyota – qui se targue de dépenser un million de dollars à l’heure en recherche et développement. Le petit constructeur japonais (Mazda vend annuellement sept fois moins de véhicules que Toyota) a cependant peut-être découvert comment faire tout aussi efficacement – et, qui plus est, à moindre coût. Certes, il reste encore à vérifier la véritable économie de carburant annoncée (Mazda promet une réduction de 15 à 20 %), de même que la souplesse des groupes motopropulseurs, leurs émissions, leur fiabilité à long terme – entre autres choses. On ne pourra le faire qu’avec le premier véhicule Mazda 100 % SkyActiv, soit l’utilitaire CX-5 (le remplaçant du Tribute), qui débarque cette année en Amérique du Nord. Mais déjà, l’intérêt est grand, notamment de la part des experts tel Lindsay Brooke, rédacteur en chef du magazine américain Automotive Engineering International

 

(AEI) : « C’est brillant de la part de Mazda de s’être demandé ce qui pouvait encore être tiré du bon vieux

moteur à combustion interne. Et une chose est sûre : tous les autres constructeurs attendent de pouvoir acheter une Mazda SkyActiv, de la faire rouler sur dynamo, puis de la démonter pièce par pièce, afin de réellement constater de quoi il en retourne. »

Vers l’abolition des frontières entre les moteurs diesel et à essence

Le SkyActiv de Mazda révise d’abord les suspensions, les transmissions (manuelle et automatique), la direction (électrique), la carrosserie et le châssis. La principale amélioration en deux mots : plus légers. En effet, le poids est l’ennemi à battre lorsqu’on veut réduire la consommation de carburant. Mais ça, à peu près tous les constructeurs automobiles y travaillent ardemment. Là où le SkyActiv se fera surtout connaître, ce sera du côté de ses motorisations à essence et diesel qui, sans réduction de cylindrée, sans même les coûts additionnels d’un turbo pour le premier ou d’un traitement particulier à l’échappement pour le second, devraient consommer de 15 à 20 % moins de carburant. Comment est-ce possible ? En grande partie parce que le moteur diesel (2,2 litres) et celui à essence (2 litres) partagent un même taux de compression : 14 :1. Vous avez bien lu : le même taux de compression. Si celui-ci est très bas pour un moteur diesel (de fait, il s’agirait du moteur diesel au plus bas taux de compression du monde), c’est très élevé pour un moteur à essence – digne d’une mécanique de course, en fait. (Notez qu’en Amérique du Nord le moteur à essence SkyActiv se contentera d’un taux de 13 :1 afin de pouvoir s’abreuver à de l’essence régulière ; un taux de 14 :1 aurait commandé du super.)

 

Le Graal ?

Contrôle de l’injection, de l’allumage, de l’ouverture des soupapes… la plus haute précision est de rigueur pour éviter les problèmes (de cognement ou d’instabilité de combustion). Mais Mazda soutient avoir réussi. Fait remarquable, en partageant autant de points communs, les deux moteurs pourront être fabriqués sur la même ligne d’assemblage, ce qui réduira de façon importante les coûts de production. De fait : « Mazda est le premier constructeur à tenter de réunir les avantages des deux moteurs, et ça pourrait bien être une révélation pour plusieurs dans l’industrie automobile, affirme M. Brooke. Car c’est un pas vers un avenir où, peut-être, il n’y aura plus qu’une seule mécanique qui pourra carburer indifféremment à l’essence ou au diesel. Et ce serait alors un peu comme le Graal automobile… »

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